La réforme de la Politique Commune de la Pêche (PCP)
de l'Union Européenne (UE) est un exercice qui a lieu une
fois tous les dix ans et celui-ci sera le troisième du genre depuis la
mise en place de la
PCP en 1983, après une première réforme en
1992 et une deuxième en 2002. La Commission européenne a initié une
consultation publique en avril 2009, laquelle débuta avec la
publication du
Livre Vert de la Commission européenne sur
la réforme de la PCP. Bien que la consultation publique fut clôturée le
31 décembre 2009, le processus de réforme s’étendra jusqu’en 2013 (voir
la page «
Réforme
PCP UE » pour plus de détails).
Pour ICSF, l’un des enjeux
clés de ce processus est qu’une reconnaissance complète soit donnée aux
droits des pêcheurs et de leurs communautés, afin de préserver leurs
moyens d’existence traditionnels, basés sur des pratiques de pêche
durables et des conditions justes et équitables. Pour cette raison,
ICSF a accueilli positivement l’attention donnée à la pêche à petite
échelle et aux communautés de pêche dans le Livre Vert.
La
note de briefing de l’ICSF « La Politique
Commune de la Pêche dans l’Union européenne et la pêche à petite
échelle : Paver le chemin vers des modes de vie durables et des
communautés de pêche dynamiques » donne une vue d’ensemble des enjeux
pour la pêche à petite échelle et les communautés de pêche.
L’atelier
de Bruxelles sur la réforme de la PCP organisé par ICSF et
ses partenaires le 28 septembre 2009 a abouti à une
déclaration qui dresse une « feuille de
route » des problèmes devant être traités dans le processus de réforme
de la PCP afin que les pêcheries de petite échelle puissent pleinement
exploiter leur potentiel.
La contribution d’ICSF au processus du Livre
Vert répond directement aux questions soulevées par le Livre
Vert, en se focalisant sur la pêche à petite échelle.
Les
pêcheurs, qu’il s’agisse de pêche à petite ou grande échelle, ont le
droit légitime et essentiel de prétendre à des moyens d’existence
décents et durables. L’historique Conférence des Travailleurs du
Poisson et de leurs Associés, tenue à Rome en 1984, fut sans doute la
première plateforme qui permit aux pêcheurs à petite échelle et à leurs
communautés de revendiquer leurs droits et de faire entendre leurs
opinions, problèmes et visions. Ceux-ci furent traduits dans ce qui fut
sans doute le premier manifeste mondial de la pêche à petite échelle,
le
Rapport de la Conférence de Rome.
Par
la suite, et depuis sa création en 1986, le
Collectif International
d’Appui à la Pêche Artisanale (ICSF-CIAPA) soutient que la
pêche à petite échelle basée sur la communauté est la meilleure option
pour promouvoir des pêcheries socialement et économiquement équitables,
et environnementalement durables ; buts qui ne pourront être atteints
que si les travailleurs de la pêche sont adéquatement engagés dans un
processus d’information, de consultation et de participation aux
processus de décisions politiques et de gestion.
Il est
également important que le processus de réforme prenne en compte
d’autres processus politiques internationaux, dont le « Processus de
Bangkok » initié par la FAO qui est d’une importance particulière. En
octobre 2008 la FAO fit le pas décisif d’organiser la
Conférence Mondiale sur
la Pêche à Petite Echelle (4SSF) à Bangkok, où une centaine
de personnes représentant la pêche à petite échelle, les communautés
indigènes et leurs supporters, en provenance 36 pays, signèrent la
Déclaration de Bangkok sur la pêche à petite
échelle.
En mars 2009, le
Comité sur la Pêche de la FAO (COFI 28)
accepta de prendre en main la question de la pêche à petite échelle et
d’explorer les diverses options en intégrant un programme de travail
dédié à la petite pêche, un chapitre spécial du Code de Conduite pour
une Pêche Responsable de la FAO, et un Plan d’Action International pour
la pêche à petite échelle.