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Communautés de pêche durables

Le nouveau processus de réforme arrive à un moment où les communautés de pêche en Europe se trouvent confrontées à une crise multiforme. Il y a une crise de la ressource, car 80 % des stocks de poissons de la Communauté sont considérés comme surexploités, et les capacités de capture des flottilles restent bien excédentaires par rapport aux ressources disponibles. La pêche rapporte donc de moins en moins et il y a de moins en moins de possibilités de pêche. À cela s’ajoute une crise énergétique. Les opérations de pêche nécessitent beaucoup de carburant et, avec l’accroissement des coûts sur ce poste et les incertitudes qui pèsent sur les futurs approvisionnements, la résilience économique de ce secteur est mise à mal. La crise économique mondiale entraîne une raréfaction du crédit et des investissements, ce qui réduit le pouvoir d’achat des consommateurs. Il y a enfin une crise de la sécurité alimentaire, avec un déséquilibre croissant entre l’offre et la demande pour les produits de la pêche: l’UE couvre plus de 60 % de ses besoins dans ce domaine par des importations. Tous ces éléments cumulés génèrent une situation de crise socio-économique dans les populations côtières qui vivent de la pêche.

Le Livre vert souligne le rôle que jouent les pêcheries dans la construction sociale de l’identité culturelle de nombreuses régions côtières européennes. Il précise également que de nombreuses communautés côtières demeurent dépendantes des revenus de la pêche, certaines d’entre elles ne bénéficiant pas de possibilités de diversification économique. Assurer leur durabilité face à ces crises doit devenir une priorité du processus de réforme.

La pêche à petite échelle peut jouer un rôle essentiel en plaçant la pêche européenne sur une base plus durable, et en amortissant, pour les communautés dépendantes de la pêche, les conséquences économiques et sociales de la crise actuelle, et des mesures prises pour la combattre. Dans de bonnes conditions, celle-ci a une plus grande capacité de fournir des emplois de qualité, une plus grande capacité aussi de distribuer les bénéfices de la pêche de façon plus équitable. Ce type de pêche est aussi moins gourmand en carburant et autres intrants, et manifeste une plus grande capacité d’adaptation aux conditions saisonnières, annuelles et pluriannuelles ainsi qu’aux changements de circonstances économiques, écologiques et sociales.

Mais les pêcheurs à petite échelle sont souvent peu organisés, et leurs intérêts sont sous-représentés au niveau national, régional et européen. Les structures institutionnelles existantes au niveau national et européen ont tendance à être biaisées en faveur d’intérêts plus puissants économiquement. Cela tend à marginaliser la pêche à petite échelle dans les processus de consultation et de prise de décision, les laissant moins bien informés sur les processus qui les affecte (changements de politiques, nouvelles réglementations, commerce international, changement climatique, etc.) et les rendant plus vulnérables à la compétition avec d’autres intérêts.

D'autre part, les femmes jouent un rôle essentiel, bien que souvent caché, dans les processus de production et les activités post-captures. D'un côté, elles sont compagnes et mères de pêcheurs. Mais d'un autre côté elles sont aussi physiquement, économiquement et socialement engagées pour la fourniture d’intrants, les activités de pêche, le traitement et la vente de poissons ainsi que dans l'administration de petites entreprises de pêche. Dans ces rôles, les femmes sont souvent sous-payées, surmenées, et peu respectées. Elles ont tendance à être sous représentées dans les organisations de pêcheurs, et sans voix au niveau régional et européen dans les processus de décision et de consultation. Cette situation va à l'encontre des conditions nécessaires au développement durable et doit clairement être corrigée.

Dans cette réforme des pêcheries européennes, des réponses durables aux questions suivantes - parmi d'autres - doivent être trouvée:

  • Quels sont les liens socio-économiques entre la capture du poisson et les activités basées sur le littoral ? Entre les hommes et les femmes ? Entre la capture, le commerce et la consommation ? Comment ceux-ci peuvent-ils être structurés de manière à permettre une durabilité tant au niveau social et économique que environnemental ?
  • Quelles sont les opportunités susceptibles de permettre des moyens d’existence durables pour les pêcheries, et quelles sont les menaces qui pèsent sur celles-ci ?  Quelles sont, du point de vue de ces opportunités et menaces, les relations avec le tourisme, la pêche récréative, les réserves naturelles, les fermes éoliennes, l’extraction fossile, etc. ?
  • Quel rôle peuvent jouer les subsides dans la stimulation de dispositions institutionnelles appropriées, et de structures permettant une participation significative des pêcheurs artisans au sein de la gestion et des processus de décision ? Comment les subsides peuvent-ils jouer un rôle crucial dans le renforcement des capacités et des institutions, et dans le soutien aux moyens d’existence des communautés de pêcheurs ?